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La doctoresse Aures dans la salle d’opération flottante

5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas un accès adéquat aux soins chirurgicaux. Grâce à l’organisation caritative «Mercy Ships», plus de 10 000 Africaines et Africains bénéficient chaque année de soins chirurgicaux ou dentaires gratuits. Magdalena Aures fait partie de l’équipe de volontaires. Cette femme médecin anesthésiste de l’hôpital cantonal d’Uri passe chaque année plusieurs mois en mer afin de lutter pour le bien-être humain et contre les injustices sociales.

Einblick in den OP Saal in Liberia

Si vous comparez votre activité à l’hôpital cantonal d’Uri avec votre travail chez «Mercy Ships», où se situent les principales différences?

Jusqu’à présent, mes missions chez «Mercy Ships» ont toutes été différentes et peu comparables les unes aux autres. Il est, en tout état de cause, passionnant de s’adapter à chaque fois à un nouveau domaine d’activité. Cela signifie aussi qu’on est obligé de travailler avec les matériels et les médicaments disponibles sur place. En Suisse, tout est bien plus organisé et planifiable.

Pour chacune de ces deux tâches, êtes-vous pleinement dans «l’ici et maintenant» ou «Mercy Ships» est-il présent en fond lorsque vous travaillez à Altdorf?

Je pense que je suis dans «l’ici et maintenant» la plupart du temps. Fondamentalement, il en va toujours du patient, pour lequel on veut le meilleur. Parfois, quand on a un peu de temps chez «Mercy Ships», on commence à comparer et on se rend compte qu’avec des médicaments, un suivi, une formation et du matériel différents, on pourrait obtenir un meilleur résultat.

Dans quelles situations pensez-vous à l’Afrique à Altdorf et inversement?

Surtout quand on applique quelque chose qu’on a appris «de l’autre côté». Les petits trucs qui permettent de mieux réussir la pose difficile d’une sonde gastrique ou encore l’utilisation systématique de la «bougie» au cours de l’intubation.

Comment jugez-vous l’importance de «Mercy Ships»?

«Mercy Ships» est active depuis 45 ans et a permis à de nombreuses personnes d’Afrique subsaharienne de bénéficier d’opérations chirurgicales qui n’auraient pas été possibles dans leur pays. Ce faisant, elle a non seulement aidé de nombreux patients, mais a aussi créé la confiance. Quand on voyage aujourd’hui dans un pays avec «Mercy Ships» pour travailler sur place, la bonne réputation de l’association est un atout considérable.

Cette importance a-t-elle changé au fil des ans?

Au fil des ans, le MCB, Medical Capacity Building, a gagné de plus en plus en importance. «Medical Capacity Building» signifie que les spécialistes locaux bénéficient de formations théoriques et pratiques. Cela commence par le fait qu’à chaque fois qu’une intervention chirurgicale est pratiquée sur le bateau par «Mercy Ships», des spécialistes locaux sont présents. Cela continue par les cours proposés tels que Safe Surgery, Safe Pediatric Anesthesia, Safe Obs, des formations Biomed, des cours de stérilisation, etc. Et enfin, ces projets auxquels j’ai participé récemment, lors desquels nous travaillons dans des hôpitaux locaux et apprenons les uns des autres en travaillant ensemble.

Combien de personnes aident-elles et combien bénéficient-elles de l’aide?

Nous avons chaque année 3000 bénévoles sur les deux bateaux (Global Mercy et Africa Mercy). Au cours d’une mission de dix mois ont lieu 2000 opérations chirurgicales et 8000 interventions dentaires. Parallèlement, nous formons et perfectionnons sur place environ 1000 à 1500 personnes dans le domaine de la santé.

La durabilité, avec toutes ses facettes, est sur toutes les lèvres. Quels aspects liés à «Mercy Ships» trouvez-vous particulièrement durables?

Le «Medical Capacity Building» me semble justement être un aspect très durable de «Mercy Ships».

Quand et comment avez-vous connu «Mercy Ships»?

En réalité, j’ai toujours su que «Mercy Ships» existait. Au début, je pensais que je devais d’abord terminer mes études et obtenir mon titre de médecin spécialiste pour pouvoir aider. Entre-temps, je sais qu’il y a du travail pour quasiment n’importe quelle profession sur le bateau.

Comment se manifeste votre engagement concrètement?

On pose sa candidature sur la page d’accueil de «Mercy Ships» pour le poste visé. Personnellement, j’avais posé en 2017 ma candidature d’anesthésiste pour le bloc opératoire. Dans un premier temps, j’ai été acceptée pour le pool d’anesthésistes, mais je n’ai pas obtenu de poste pour la salle d’opération sur le bateau. Plus tard, l’équipe MCB m’a contactée pour me demander si je pouvais m’imaginer participer aux cours de Safe Surgery en tant que formatrice.

«Mercy Ships» vous accompagne ensuite tout au long du processus jusqu’à ce que vous arriviez sur le lieu de la mission: la planification financière, les vaccins nécessaires, les assurances, le billet d’avion. Il existe un «Volunteer Guide Book», un manuel complet qui explique tout ce qu’il est important de savoir pour vivre sur le bateau avec «Mercy Ships» et pour le pays concerné.

D’où tenez-vous votre motivation et votre énergie pour cette activité bénévole? J’imagine que votre travail quotidien en tant que médecin anesthésiste dans un hôpital cantonal est déjà très exigeant.

Au début, c’était ce sentiment que «j’avais toujours voulu faire cela». Entre-temps, c’est aussi le besoin de faire quelque chose contre les inégalités sociales. Les patients ne sont pas responsables de l’état du système de santé dans ces pays. Et ils méritent les meilleures prestations médicales, comme ici, en Suisse.

  • Une salle d’opération type de l’hôpital JFK du Libéria
  • Le matériel préparé pour l’anesthésie
  • Bild des Patienten vor der Operation Le patient William avant l'opération...
  • Bild des Patienten nach der Operation ...et heureux après l'intervention
  • Remise du laryngoscope vidéo ANKLIN au Dr Musa, Directeur de l’anesthésiologie à l’hôpital JFK, Libéria
  • Magdalena Aures, Ama Taplah (gestionnaire OR et cheffe des soins d’anesthésie) et le Dr Musa (de g. à d.)
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Combien de temps êtes-vous «en mer» pendant une mission?

On est en réalité très peu «en mer». Les missions types d’un bateau dans un pays durent dix mois. Pendant cette période, le bateau reste au port et ne sort pas en mer. Les missions des bénévoles durent au moins deux semaines, mais souvent plus longtemps. J’ai, par exemple, effectué une mission de cinq mois et une de trois mois.

Comment est la vie sur le bateau?

Pendant ma première mission, j’ai passé un peu de temps sur le bateau, mais j’ai surtout voyagé à travers le pays avec l’équipe Safe Surgery pour visiter les différents hôpitaux. Nous étions seulement le week-end sur le bateau pour mettre de l’ordre dans notre bureau et refaire nos provisions. Parfois, nous étions partis une semaine entière, par exemple pour aller voir un hôpital situé dans la capitale.

Le bateau est à la fois un hôpital entier, un bateau entier et un village entier tout-en-un. On partage une cabine avec d’autres volontaires– la première fois, j’avais cinq colocataires –, les repas sont pris au réfectoire et il y a un grand salon, le «Midship». Quand on a envie de faire quelque chose pendant ses loisirs, il y a toujours quelqu’un qui a également envie d’effectuer une excursion. Bien sûr, c’est un peu fatigant de vivre avec tous ses collègues. Mais on s’y habitue.

Votre employeur –ou le secteur industriel – vous fournit-il directement des ressources?

En 2021, j’ai eu la chance de pouvoir prendre un congé sans solde. En règle générale, on prend soi-même en charge le logement et la nourriture ou on se constitue un cercle de donateurs qui nous soutient.

En 2021, le bateau n’a pas pu avoir son activité habituelle en raison de la crise du coronavirus, si bien qu’une petite équipe a travaillé dans un hôpital local du Nigéria et opéré des personnes qui auraient sinon été prises en charge par les «Mercy Ships». Nous avons procédé à l’ablation de thyroïdes ou de lipomes surdimensionnés et également effectué des parotidectomies (ablation de la glande parotide). Lors de ces opérations, nous avons été très reconnaissants que l’entreprise Anklin nous ait fait parvenir un laryngoscope vidéo par l’intermédiaire de Patrick Berger. En 2022, j’ai travaillé «seule», c.-à-d. sans autres collègues de «Mercy Ships», dans un hôpital du Libéria.

En 2022, j’ai travaillé «seule», c.-à-d. sans autres collègues de «Mercy Ships», dans un hôpital du Libéria. Là aussi, j’ai pu utiliser un laryngoscope vidéo. Pour la plus grande joie de tous, celui-ci a pu être offert par «Mercy Ships» à cet hôpital.

Quel est votre plus grand défi chez «Mercy Ships»?

Je crois que le plus grand défi est que tout ne se passe pas toujours comme prévu. Travailler en Afrique demande souvent de la flexibilité en matière de calendrier, de matériel disponible ou de médicaments. Le programme opératoire peut également dépendre du fonctionnement d’un ascenseur. Nous, en Europe, nous adorons établir un plan précis de ce qui doit se passer et à quel moment. Là, on doit apprendre qu’on arrive au but même si tout ne se déroule pas comme on le souhaiterait.

Comment réussissez-vous à relever ce défi?

En faisant preuve de patience. Et parfois, tout simplement, en prenant un grand bol d’air.

Y a-t-il des histoires de patientes ou de patients qui vous sont restées particulièrement en mémoire?

Oui, plusieurs. Beaucoup d’histoires tristes aussi. Mais nous avons pu venir en aide à certains enfants. Cela fait du bien à l’âme et fait qu’on se réconcilie alors avec certaines choses.

Dans quelle mesure suivez-vous les évolutions politiques en Afrique depuis la Suisse?

Les élections présidentielles ont lieu en octobre au Libéria. On espère bien sûr qu’un bon gouvernement se formera ensuite, qui voudra le meilleur pour le pays et le système de santé.

Le dernier putsch en date au Gabon a été le neuvième en Afrique depuis 2020. De telles nouvelles et évolutions vous préoccupent-elles?

En 2021, il y a eu un putsch en Guinée, où j’avais travaillé en 2018/2019. Une collègue et amie de notre équipe vit toujours là-bas. Nous nous sommes bien entendu fait du souci pour elle. Et aussi pour le pays. Et pour tous les innocents qui souffrent d’un tel putsch. Ces troubles se sont toutefois rapidement apaisés.

Vous attendez-vous à ce que ces changements politiques aient (ou puissent avoir) une influence sur «Mercy Ships» et sur vos interventions?

«Mercy Ships» vient dans un pays sur invitation de son gouvernement. Si la situation politique change, la situation contractuelle et l’assurance de disposer de ressources changent bien sûr également. Il en va aussi de la sécurité des bénévoles à bord et des patients, qui viennent de tout le pays. Il devient alors plus dangereux de voyager. Jusqu’à présent, je n’ai pas connaissance d’une mission qui ait dû être interrompue en raison de troubles politiques.

Avez-vous déjà prévu votre prochaine mission?

L’année prochaine, je vais travailler six semaines au bloc opératoire de Global Mercy.

Qu’est-ce que cela vous fait quand vous pensez à ce prochain séjour?

Je suis impatiente de relever les nouveaux défis qui m’attendent et me réjouis de travailler avec une équipe internationale pour aider ceux qui méritent une chirurgie sûre et abordable, comme tout le monde ici en Suisse et en Allemagne ou ailleurs dans le monde.

Magdalena Aures

Magdalena Aures (38 ans), de Nuremberg (Allemagne), a réalisé des études de médecine humaine à l’Université de la Sarre/Hombourg et passé son examen de spécialisation en anesthésiologie à Hambourg en 2018. Elle travaille actuellement comme médecin-assistante en médecine interne à l’hôpital cantonal d’Uri.